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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 18:55

Je vais commencer ce petit billet avec un grand merci aux auteurs, aux éditeurs, aux étudiants, aux libraires et bibliothécaires que j'ai eu le bonheur de rencontrer ces derniers jours.

 

Chaque cas, chaque point de vue sur le métier, chaque problématique est différente d'un acteur de cette "chaine du livre" à l'autre, en fonction de sa spécialité, de sa culture et de sa politique, et j'espère pouvoir recueillir encore de nombreux témoignages.

 

Nous retrouvons tout de même des similitudes entre les différentes maisons qui doivent miser sur une valeur ajoutée et une image de marque forte. Pour cela il faut avoir du nez.... savoir sélectionner les ouvrages qui feront partie de la collection.

 

Choisir d'éditer un manuscrit entraine un risque difficilement maitrisable. Plus particulièrement pour un petit éditeur qui met en jeux, au-delà d'un apport financier important, la notoriété qu'il s'est bâti. En effet, une mauvaise parution chez Bayard aura forcément moins d'impact sur leur image qu'un mauvais bouquin chez un éditeur plus modeste.

 

Pour illustrer l'importance de l'image de marque prenons un cas dans lequel deux éditeurs, une maison renommée et une plus petite, publient à la même période un ouvrage traitant du même sujet. Il est évident que le grand partira avec un avantage certain sur le petit, que ce soit en terme d'image ou de moyens pour communiquer et diffuser (nous y reviendrons). l'éditeur le moins réputé devra trouver un moyen de se démarquer.

 

Il arrive aussi, visiblement c'est loin d'être exceptionnel, qu'un éditeur passe à côté d'une perle. Soit parce qu'il n'a pas su déceler le génie de l'auteur, mais ce n'est généralement pas le cas ^^ , soit parce que l'ouvrage n'entre pas dans sa ligne éditoriale.

Alors que faire dans ce cas ? Doit-on se diversifier et intégrer une nouvelle collection ?

Le piège de la spécialisation est de s'enfermer à double tour dans un phare. Il est possible de tout voir, mais il est impossible d'y accéder. Vous pourrez donc mettre le plus beau des romans entre les mains d'un éditeur de livres d'histoire il ne pourra pas le publier... et il passera ainsi à côté d'un succès certain.

 

Il est donc primordial pour une maison d'édition de déterminer une ligne éditoriale précise et, c'est forcement lié, un catalogue cohérent. La sélection prend alors toute sa mesure, soit pour éviter de publier un mauvais bouquin, soit pour éviter de passer à côté de la poule aux oeufs d'or.

 

En parlant de la poule aux oeufs d'or, il semble que ce ne soit pas forcément les meilleurs livres les plus populaires. Les professionnels de l'édition font donc une différence entre un livre de haut vol, mais qui aura du mal à se vendre et un ouvrage plus "accessible" qui connaitra plus facilement le succès commercial.

Dans tous les cas les deux sont indispensables. Le succès commercial permettant à un éditeur de réunir les fonds nécessaires pour assouvir leur éthique désire de publier leurs coups de coeur.

 

C'est ici d'une reconnaissance vitale dont nous parlons pour une maison d'édition : "découvreur de talents"

 

Le talent ne se véhicule pas uniquement par le texte d'un auteur, mais par sa propre nature. Il fait partie intégrante du choix d'un éditeur qui se laisse séduire par une personnalité particulière, un style distinctif...

 

De nombreux manuscrits arrivent dans leurs bureaux. Je vous laisserai (re)découvrir le process de sélection d'un manuscrit ICI. Mais il est important de savoir que de nombreuses maisons, particulièrement les petites, mettent un point d'honneur à lire chaque travail avant de se poser la question : Edite-t-on ?

 

L'hésitation n'a pas beaucoup de place dans le choix des ouvrages à publier. Celle-ci est le plus souvent, pour ne pas dire systématiquement, synonyme de refus. Nous en revenons ici à la notion de risque ! D'autre part, cette logique permet d'assurer une qualité certaine des ouvrages que nous retrouvons en librairie.

 

Pourtant, certains déplore une banalisation du livre, une qualité éditoriale vacillante. La faute à une situation actuelle difficile pour certaines spécialités ?

D'après les témoignages que j'ai pu récolter, moins un éditeur vend, plus il édite !!

Pour cela il a généralement trois possibilités :

1 - Il sélectionne des manuscrits qu'il reçoit spontanément de la part des auteurs

2 - Il commande un ouvrage à un auteur sur un sujet précis

3 - Il rachète les droits d'édition d'un ouvrage publié il y a quelques temps, peut-être oublié, et qui correspond parfaitement à sa ligne éditoriale. Il donne ainsi une seconde vie au bouquin qui se retrouvera à nouveau sur le devant des étagères pour un temps

 

Le succès d'un livre ne se limite évidemment pas à sa qualité. Il est bercé par les "doux efforts" (c'est ironique) de son éditeur pour le mettre sur le devant de la scène, pour assurer une communication, une diffusion efficace et une présence médiatique puissante (Via des communiqués de presses, des prix, des salons...)

 

Voilà donc un petit compte rendu, très rapide, des discussions que j'ai eues avec ces professionnels, passionnés par leur métier et motivés par cette envie de découvrir de nouveaux auteurs talentueux et de nouveaux ouvrages captivants.

 

Si vous avez l'occasion de mettre un pied dans les locaux surchargés de culture, authentiques, enivrants d'un éditeur et de vous asseoir entre une pile de bouquins aux couvertures colorées et une pile de manuscrits qui n'attendent que ça... prenez un petit moment et rencontrez ces gens là !!

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